Les Perles De l’Huitre 24

Un mois passé à la trappe suite à un plantage de disque dur (encore, encore, encore….) mais qu’à cela ne tienne : Les Perles reviennent pour accompagner votre automne. Bonne écoute.

Les Perles de l’Huître 22

Voilà, après une année scolaire mouvementée, le dernier épisode des Perles avant le repos estival/ Merci à tous d’écouter, chaque fois qu’il sort, le résultat de mes recherches.

 

Les Perles de l’Huitre 21

Comme il m’arrive d’avoir une vie ainsi qu’une connexion internet merdique les Perles prennent souvent du retard. Vous m’en voyez désolé, bonne écoute.

 

Les Perles de l’Huitre 19

Richard Millet et Annie Ernaux sont sur un bateau. Le bateau coule. Je la connais aussi avec Carolies Fourest et Tariq Ramadan. L’équipe de sauvetage est arrivée trop tard parcequ’elle écoutait les Perles de l’Huitre.

 

Les Perles Hors série 1

Aujourd’hui est prévue la sortie du nouveau EP du Sept. Si comme moi vous avez trompé l’ennui de vos années de lycéen en fouillant les recoins du rap français ce nom ne vous est pas inconnu et ne vient pas tout seul. Il est accompagné d’une cohorte de rappeurs et beatmakers qu’on retrouvait sur les mêmes compiles comme les fabuleuses Maximum Boycott. Si Certains ont fini par atteindre le succès mérité, comme Grems par exemple, d’autres poursuivent leur bonhomme de chemin en nous régalant les oreilles de temps à autre ( Moudjad, Kilab ou Le Sept bien sur). D’autres enfin ont totalement disparu, Le Sept a eu à leur sujet cette phrase : « J’vois tellement d’types bien arrêter l’rap, j’me dis « encore un qui s’échappe » « . Et parmi eux celui qui nous intéresse aujour’hui : Booba Boobsa alias le marabout. Booba Boobsa c’est une voix et un flow reconnaissables entre mille qui hante quelques poignées de morceaux que j’ai tenté de rassembler ici. Cette playlist est ma tentative de faire un peu mieux connaitre ce rappeur que je trouve profondément original malgré sa courte carrière. C’est également une petite réponse en forme de cadeau à mes conos branchouilles préférés qui ont découvert cette scène avec le plaisant mais assez médiocre documentaire « Un jour peut-être » avant e parfaire leur culture hip hop avec le film d’Orelsan (et son duo de Beastie Boys à la manque reconverti en boys band à la provoc facile). En particulier un certain chroniqueur youtube et sa cour qui ne devraient pas se mêler de sujets qu’ils ne maîtrisent pas (surtout après l’avoir reproché aux autres e façon acerbe).
Mais foin de petites piques, sortons nos oreilles de la bêtise ambiante et plongeons dans les vibrations du marabout !

 

 

Hors série : Booba Boobsa by Les Perles De L’Huitre on Mixcloud

La Taupe Excavatrice 6 : C’est le Diable qui s’emmèle

Bonjour à tous ! En récupérant du temps au compte-gouttes sur ces dernières semaines j’ai enfin pu boucler le sixième épisode des aventures de la taupe avec au programme du rap, du blues et les deux à la fois. Bonne lecture.

1 Shifty Chicken Shed : Mr Pergolas ever creasin’ shirt

J’avais déjà écrit ici tout le bien que je pensais du premier opus du poulailler sournois. Town était le creuset d’un style enraciné dans la tradition mais profondément original, j’étais impatient de voir quelle suite on pouvait donner à ce disque.
La réponse m’est venue des mains d’un facteur consciencieux, c’est dire son caractère exceptionnel ! Le disque lancé avec fébrilité, force est de contaster une évolution conséquente chez nos amis. Le son est plus puissant plus précis que sur le premier album, on passe d’un groupe de pub passablement éméché à une fanfare tout aussi titubante. On retrouve les structures faussement bancales, le groove qui lorgne vers le cabaret, le subtil entrelacement des voix féminines et masculines, les embardées free jazz et des pistes sorties de nulle part qui couvrent la chanson comme si une partie de l’orchestre s’était oubliée . La charity shop pop se porte bien, elle reste pauvre et se concentre sur un groove parfois funk pour eclater en puisance le long des deux morceau marathons qui cloturent le disque. Petits moyens, ambitions immenses, c’est la recette de Shifty chicken shed pour nous faire voyager dans tous les recoins de leur immagination débordante. Un disque encore une fois inventif, énergique et chaleureux parfaitement adapté aux baisses d’energie due à la météo.

2 Lucio Bukowski et Kyo Itachi – Kiai sous la pluie noire

Lucio Bukowski est pour moi un cas d’école, le genre de rappeur que j’adore ou déteste à tour de rôle, un type capable de merveilles comme de fonds de tiroir sentant dangereusement le réchauffé. J’attendais néanmois beaucoup de sa collaboration avec Kyo Itachi, lui aussi spécialiste de sorties qualitativement en dents de scie. Puis j’ai vu sur les réseaux sociaux l’un des intéressés annoncer un « french Madvillainy », j’attendais encore plus impatiement mais tout de même au tournant. Quelle n’as pas été mon erreur : l’album est un perle, 30 minutes de voyage mental du à une alchimie parfaite entre les deux composants. Des beats minimaliste et expressifs habités pleinement par un Lucio en grande forme.
Je dis « habités » car c’est pour moi la principale qualité de cette collaboration. Le problême principal de Lucio pour moi résidait dans son flow et sa voix agréable à l’oreille, identifiable mais trop monotone. Voilà le problême résolu : sans être devenu un technicien hors pair (et d’ailleurs quel intérêt?) le MC a fluidifié sa diction et travaillé ses placements : il se fond dans la prod, chaque mot est placé parfaitement au bon endroit créant un flux musical homogène. Il gagne alors en force d’interprétation : sa voix répond au sample, se fait voilée par moment et rageuse par d’autres. Un vrai tavail d’orfêvrerie

3 Cornelius the third – Cornelius the third

« Programmez moi chez vous et laissez moi dormir sur votre parquet », voilà la demande de Cornelius troisième, rappeur de Pennsylvanie. La musique est à l’avenant : un rap blues poisseux et débraillé dont pas mal de musiciens prétendant officier dans un de ces genres (voir les deux) devraient s’inspirer. Parcequ’ils vous manquent quelquechose que ce type possée parfaitement : le supplément d’âme.
Le blues-rap de Cornelius joue la carte de l’imagerie outlaw à fond, la superbe pochette signée Roy Hames nous met au parfum : celui du camboui, des ùarécages et des grands espaces. Les rivieres, la pleine lune, le kid, les jeux de carte et évidement les cimetières, la mort et la croisée des chemins ou un VRP au regard vicieux à un bon contrat à vous proposer.
Le rappeur de Philadelphie delivre un album court et intense. Energique, habité et profondément terrien, sa musique est gorgé du blues ancien, de ses histoires de fantômes, de démons et cimetières. Certains sous nos lattitudes ont essayé pour un résultat assez piteux. Il serait bon de réviser ses classiques avant de prétendre à ce genre de résultat, l’imagerie seule ne fait pas tout n’est-ce pas ? On se souviendra à leur endroit du mot de Demaesmeker au brave Prunelle « C’est le diable qui s’en mèle !
-Et bien qu’il vous emporte ! »

Je vous souhaite de bonnes fêtes et une bonne écoute de ses projets. Je vous retrouve bientôt ans le meilleur des cas.

La Taupe excavatrice 4 : la pêche à l’hippocampe

Tout amateur d’une forme d’art, tout fouineur a connu un jour le syndrome de l’artiste qui grandit trop vite. Vous savez ce moment où définitivement « c’était mieux avant », où l’on se sent dépossédé de notre petit chéri qui se perd en grimace et mimiques de singe savant puisque la foule qui nous l’a volé ne voit et n’aime en lui que les menus défauts que nous trouvions charmants et les petites manies qui trouvaient encore grâce à nos yeux brillants d’émerveillement. Mais la foule elle s’en fout, elle jette des cachuètes, le petit singe se ridiculise et Hippocampe Fou sort Aquatrip.
Je n’ai pas aimé Aquatrip, trop caricatural et symptomatique du rap pour ceux qui aiment pas le rap. Hippocampe y forçait sa loufoquerie sur des morceaux sans saveur, d’autant plus désolants qu’ils cotoyaient de vrais petits chefs d’oeuvres. On voyait là le danger de ce type de rap : devenir finalement aussi conformiste et plein de clichés que le rap « ter-ter » auquel les médias, aussi peu connaisseurs de leur sujet qu’habitué à la nuance, aiment l’oposer.
Mais la Hippo revient avec Céleste, un album qui rachète tout. Plus concis, plus fouillé et bénéficiant d’une production musicale plus homogène tout en laissant un vaste champ de possibles au flow polymorphe du MC. Dieu sait comme je crains les morceaux à concept et l’écriture à trucs (basée sur un champ lexical ou préparant une chute souvent sans intérêt) qui n’a pour moi aucun intérêt quand son seul propos est une démonstration technique sans saveur. Vous l’aurez compris, ce n’est pas le cas sur le morceau « Mes échecs », excellente chanson d’amour.
Ce nouvel album réussit là où le précédent échouait : il propose un voyage à travers un véritable univers, riche en émotions et en inventivité, on regrettera juste quelques featurings dispensables.

Ce que je reproche le plus souvent au rap français (et à l’art en général) c’est de ne jamais sortir de sentiers battus qui sont plus nombreux qu’on ne croit et, par conséquent, de manquer d’aspérités à la manière d’un mannequin photoshopé dont le seul but est de vendre le dernier bout de tissu promis à la gloriole éphémère. Heureusement il y a La Merta et son premier EP Métaphysique des Mouches. La Merta c’est du rap furibard et malin sur fond de contrebasse, d’accordéon et de beatbox. Un instrumentarium minimaliste, petit mais costaud, sur lequel se pose la rappeuse Zeuzloo. Zeuzloo ne cherche pas la technique stérile et ne se complait pas dans l’interprétation spoken word complaisante et bidon à l’image de certains groupes dont les noms ne souilleront pas mon clavier azerty. Zeuzloo cogne puis serpente en souplesse quand les monolithes se trainent lamentablement. La Merta c’est une formation qui me rappelle ni plus ni moins que « Concerto pour détraqués » et ces petits agités là deviendront grand. Je leur souhaite de botter encore un maximum de paire de fesses et bien d’autres choses, ils se serviront dans le sac.

Enfin, pour finir en douceur, on a le EP de Tabs and Keys. Rock bricolé à la maison, voix magnétique sur des instrumentaux sombres et répétitifs, Tabs and keys nous offre un (trop) court voyage dans une paisibile ville fantôme.

Comme d’habitude, à bientôt si tout va bien et bonne écoute.

La Taupe Excavatrice 3 : Les habits neufs du Noble et du Jeune Prince

Je vous parlais dans le dernier article des rappeurs français qui veulent se faire aussi gros que leurs confrères d’outre-atlantique. Et bien parfois les petites grenouilles dépassent les bornes. Parfois elles gonflent un peu trop et je me mets à rêver d’aiguilles à tricoter. C’est ce qui est arrivé ce mois-ci.
On se souvient du Wu-Tang et de leur album disponible à un seul exemplaire : mégalomanie de beaufs embourgeoisés comparables aux errances de Jay Z et Kanye west, sinistres Schpountz de l’art contemporain.
Le rap attire les hipsters, branchouilles et autres bobos en quête de frissons (de frissons ironiques bien sur) alors c’est à eux qu’on vend. Et comme ces gens là aiment bien avoir des bidules en plastique plus jolis que ceux du voisin on leur bricole un p’tit collector, comme si le disque allait être meilleur.
Et voilà que cette pratique élitiste s’invite en France, via deux rappeurs de cette nouvelle génération qui se font appeler le Noble et le Jeune prince (ou Espiiem et Veerus ).
Pour ma part j’ai découvert le concept par Veerus, je n’ai appris qu’un peu après qu’ Espiiem l’avait fait en premier. Alors quel est ce concept révolutionnaire ? Cet idée géniale ? Le EP privé. Un peu comme pour le Wu mais version Lidl.
Je vous explique l’idée : les deux EP ( Cercle Privé pour Espiiem et Visons pour Veerus) sont réservés à un noyau de 500 fans. Ils sont uniquement disponibles au format numérique au prix de 10 euros et une fois les 500 téléchargements dépassés ils disparaîtront d’internet.. Disparaître d’internet ? Vous êtes sérieux là ?
Ce concept est ridicule et idiot, alors pourquoi s’énerver ? Mais parce qu’il pue le mépris, la prétention et l’égocentrisme. Et en plus ça marche, je ne vois personne s’insurger contre cette pratique dans la presse hip hop  et dans le public des deux artistes. On parle de marquer le sacro-saint « game » par exemple. Hum bon.. voyez-vous mes amis il y a un truc dans le domaine de l’art qu’on appelle les goûts. Les goûts résultent de la subjectivité de chacun (quand ils ne sont pas dictés par le désir d’appartenir à un certain milieu mais c’est un autre débat), et il y a des gens qui détestent ou sont complètement indifférents à ce que d’autres considèrent comme des classiques universels. « Marquer le game » c’est donc consacrer beaucoup d’énergie, de temps et d’intelligence (et quand on trouve des concepts comme ça il ne faut pas trop gâcher ses réserves) à déclencher une tempête dans un dé à coudre. Tempête qui ne sera peut-être qu’une brise légère pour la moitié des habitants du dé à coudre.
Une question maintenant : qui sont ces fameux fans privilégiés qui auront droit de posséder rien que pour eux tout seuls (et ceux qui seront passés par frap.ru ou cpasbien ) le ficher zip ? Mais ceux qui payent voyons ! Ceux qui payent sur un laps de temps assez court pour acheter un disque sur la seule foi des premiers extraits ! Personnellement j’écoute toujours un disque au moins deux fois avant de me décider à l’acheter quand je pourrais le payer. Et j’espace ces deux écoutes, pour me laisser le temps de digérer, de prendre un peu de recul ou simplement d’être dans l’humeur et d’avoir le temps. Alors je ne peux pas acheter ces disques parce que je ne paye pas assez vite ? Parce que je n’ai pas dix balles sous la main à un moment donné ? Parce que je ne suis pas un « vrai fan » ? c’est-à-dire dépourvu d’esprit critique et qui fait aveuglément confiance ? Celui qu’on prend en otage pour qu’il partage et qu’il soutienne ? celui qu’on récompense quand il a assez cliqué comme s’il vous devait quelque chose ? Imprimez bien ceci : le public ne doit rien aux artistes, c’est eux qui lui doivent tout. La récompense est pour l’artiste quand il sort un nouveau morceau que des gens vont écouter et apprécier. Si j’aime un morceau ou un disque selon mes critères subjectifs je le ferais tourner par les moyens qui sont à ma disposition. Si je ne l’aime pas je n’en parlerais pas. Si je l’écoute et qu’il m’énerve ou me déçoit pour une raison X ou Y je le descendrais plus ou moins violemment.
Faire de la musique pour 500 personnes sommées de prouver leur envie de l’écouter en payant rapidement sans avoir pu se faire une idée de ce qu’on leur vend c’est petit, mesquin et odieux. Réserver ses créations à une poignée d’individus choisis et donc en exclure d’autres c’est indigne de qui se prétend artiste et sait avoir un public demandeur. Je ne sais pas de quelle noblesse Espiiem et Veerus se réclament mais ce n’est probablement pas la noblesse d’âme.

Enfin j’aimerais dire ceci : je n’écris pas cet article pour insulter ces deux artistes gratuitement mais pour critiquer des attitudes qui sont en contradiction avec les valeurs auxquelles je crois et que je trouve symptomatiques du monde de l’art à l’heure actuelle. Je n’ai rien contre Espiiem et Veerus personnellement. Je connais leur musique et leur travail est de qualité c’est indéniable. Ils méritent amplement leur succès. Les quelques piques qu’on trouvera ça et là ne sont motivés que par mon goût de l’humour et du bon mot.
Encore une fois je n’attaque pas deux personnes mais deux figures publiques qui, le temps d’un acte, ont symbolisé quelque chose qui me débecte, une vison de l’art et de son marché que je trouve néfaste.
J’ai donné mon opinion et mon ressenti c’est tout. Je ne souhaite pas rendre justice, juste me défouler un coup et exposer ma vision des choses.
Je vous retrouve au plus vite pour un article de la taupe plus semblable aux deux précédents où je présenterais mes découvertes musicales et autres.
Sur ce, afin d’enfoncer le clou, je vous laisse sur cette phrase de Coluche : « Pour critiquer les gens il faut les connaître et pour les connaître il faut les aimer »

La Taupe excavatrice 2 : changement de terrier

Dernière nouvelle du front :

Vincent Bolloré veut supprimer les Guignols de l’info parce que se moquer des gens c’est pas très gentil et des fois ça fait mal.

Léa Seydoux, dont le CV se résume à son acte de naissance et à une poignée de films dont je dirais bien du mal si j’avais eu le courage de les voir, va être la prochaine James Bond Girl.

Du coup j’ai comme une poussée de sympathie pour la petite Louane à qui je souhaite une belle carrière et de continuer à filer des boutons aux Inrockuptibles pendant longtemps

Sinon il s’est passé plein de trucs dans Games of Thrones mais j’ai pas regardé.

Enfin ce qui nous intéresse : nos amis rappeurs d’outre-manche ont été particulièrement actifs ces derniers mois, à commencer par le très bon label High Focus avec deux sorties Solides : le nouvel effort d’Edward Scissortongue et Lamplighter et le premier album de Mr Key et Greenwood Sharps. Edward et Lamplighter avaient déjà sorti deux opus ensembles et ce Chavassian Striking Distance est dans la droite lignée de leur travail. Un Boom-bap futuriste et hypnotique où se balade le flow du MC. Le flow d’ailleurs parlons-en : ce que j’adore chez les rappeur d’High Focus c’est cet accent à couper au couteau et cet espèce de groove moitié sale gosse moitié posé. Il y a un vraiment un style qui colle à ce label, depuis la musique jusqu’aux vidéos et qui apportent un peu d’air loin de ce « rap game » qui fascine tellement la presse branchouille (le hipster n’étant qu’à un plug dans l’oreille de notre beauf-ricard immortalisé par Cabu) et où règnent les odeurs de transpiration d’une bande d’obèses cocaïnés et les flatulences des grenouilles de chez nous, pétant à qui mieux mieux en voulant se faire aussi grosse que les bœufs de là-bas.

Mr Key et Greenwood Sharps naviguent dans des eaux pas très éloignées. On retrouve les ambiances sombres mais néanmoins paisibles avec juste ce qu’il faut de sonorités planantes pour ne pas être toutes molles. Même sur une instru privée de beats, Mr Key nous embarque avec sn flow magnétique.

Plutôt qu’un étalage de capacités souvent peu impressionnantes, High Focus privilégie des sorties à l’univers fort et affirmé bien que parfois difficile d’accès à la première écoute et on ne peut que s’en réjouir.

Autre MC originaire du pays de Tom Sharpe, Oracy place un pied dans la porte avec son premier album jsutement nommé Foot In The Door . La formule n’est pas révolutionnaire : un boom-bap jazzy efficace, des ambiances accordées à la saison estivale et un flow rebondissant. Une quarantaine de minutes agréables à l’oreille que je vous coneille de prolonger avec le premier EP de ma compatriote Chilla qui n’aurait pas pu choisir un meilleur pseudonyme. Alors on aurait pu craindre le pire avec un pseudo pareil : plonger dans les abysses lyricales de Set et Match ou dans le groove jazzy anémique/ balai dans le fondement façon Pumpkin. Et bien il n’en est rien. Chilla mèle rap et chant avec une aisance qui force le respect. La voix est agréable et dispensée d’effets studios trop lourds, les instrus balancent solidement avec un côté old school agréable et surtout, surtout Chilla se lâche au micro. Pas de flow trop linéaire et coincé, ça groove pour de bon , ça bouillone et ça déborde de partout et ça met la pêche. Enfin ça fait du bien par ou ça passe en ces temps de sinistrose et dans ce rap français aussi libéré que les cortèges de la manif pour tous. Bref Chilla si vous me lisez c’est très bien mon petit, encouragements pour le prochain trimestre.

J’aimerais maintenant vous parler de J.Marinelli, one man band originaire du Kentucky et créateur prolifique. Son dernier album, Stop Payin Attention, sorti sur Twin Cousin Records constitue une bonne porte d’entrée dans son univers. Sorte de croisement musical entre Hasil Adkins, les Ramones, Captain Beefheart et le meilleur du college rock , J.Marinelli rend hommage à ses influences dans une série d’albums de reprises très recommandables.

Hasil Adkins justement. Un des outsiders les plus célèbres, dont le rockabilly déglingué traumatisa jusqu’aux Cramps, fait l’objet d’un webcomics : « Hassle : the rural and unusual tales of Hasil Adkins » par le dessinateur américain J.T Dockery qui l’a côtoyé. Une série de tranches de vie et d’anecdotes, à lire accompagné par les œuvres complètes du maitre.

Enfin je voudrais saluer le travail de monsieur Pol Dodu et de son blog Vivonzeureux, sorte de journal de ses fouilles et de ses trouvailles très agréable à lire et source de belles decouvertes. Bref Pol Dodu si vous me lisez c’est très bien mon petit, encouragements pour le prochain trimestre.

Je vous embrasse tous, il n y aura pas de pause estivale ni pour Les Perles ni pour La Taupe (dont la publication reste aléatoire) parce que sinon je sais que vous passerez un été de merde. Bisous.

Les Perles de l’huitre 11

L’été est là , il fait chaud la ville pue mais le ciel est bleu du coup vla un paquet de bonnes vibrations. A bientôt.

 

Les Perles de L’Huitre 11 by Pierre Samxao on Mixcloud

 

Ligne 81 : https://wakosmusic.bandcamp.com/album/ligne-81
Sanzio : https://crabboogierecords.bandcamp.com/album/mille-et-une-vies
Al Hotchkiss : https://lostentakills.bandcamp.com/album/al-hotchkiss-the-evil-ones-grim-fandango
Rev. Spike Beasley : https://revspikebeasley.bandcamp.com/
O’styl : https://ostyl.bandcamp.com/album/le-temps-dune-escale

 

 

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