La taupe excavatrice 1 ou Journal des oreilles d’un type qui a sûrement mieux à faire

Dans la vie il y a deux sortes de personne : ceux qui creusent et les autres. Il va de soi que je me targue d’appartenir à la première catégorie et que je n’en suis pas peu fier. C’est donc les pattes terreuses et l’ oeil brillant que je vous présente cette première poignée de vers de terres, particulièrement indiqués pour l’aération des oreilles bloquées par des bouchons de cire trop compacts ainsi q’une poignée de considérations sur ce qui est passé par mes orrifices auditifs ces denriers temps

Tout d’abord Buck Gooter. Duo formé de Billy Brat et Terry Turtle, Buck Gooter joue une musique à mi chemin entre Son House et Lightnin Bolt.
Un blues primitif et bruyant, minimaliste à base de niaque, d’inventivité et autres bout de ficelles qui explose sur leur dernier album Spider’s Eyes, distribué par l’ excellent label Sophomore Lounge dont nous reparlerons très certainement (nous c’est moi, ma main gauche, ma main droite et mon clavier) à l’occasion. L’utilisation du Theremin et des batteries électroniques (le tout saturé comme il se doit) crée une ambiance que ne renierait pas un David Thomas.
A noter également l’excellent album solo de Terry Turtle: Those Little Devils où le vétéran (62 ans) livre une vision très originale et personnelle du blues, à rapprocher de celle de Shifty Chicken Shed que j’avais déjà évoqué ici.
Vraiment, sa musique et celle de Buck Gooter déborde d’énergie et d’originalité. De plus l’écoute prolongée de leurs albums peut modifier vos perceptions auditives au point de vous pousser à fonder une chorale de marteaux piqueurs.

A part ça j’ai laissé traîner mes oreilles du côté du rap français. Au delà des retours sur-médiatisés d’une poignée de vétérans n’ayant plus que leur statut d’ancien et l’épouvantail dénué de sens sur lequel il y a marqué respect pour imposer de grotesques escroqueries en forme d’albums ou de EP, les sorties de qualité n’ont pas manqué ces derniers temps .
Bon d’abord il y a la bombe à eau Kacem Wapalek (formule de la bombe à eau = 50% de bonne grosse déflagration qui en met partout + 50% de pétard mouillé). Un album très attendu, au point de se vendre très bien sans budget promo, mais qui m’a laissé sur ma faim.
Pour ma part ce n’est pas à cause de l’absence d’inédit : il s’agit tout de même de textes de qualités que j’avais vraiment envie d’entendre enfin dans des versions propres et je déteste cet exigence de productivité qu’a le public envers les artistes, comme si Kacem (et tant d’autres) devait créer plus pour plaire plus. Il n y a qu’à voir les comportements odieux qui ont pu fleurir ces derniers mois à l’encontre du vidéaste Antoine Daniel, victime de son exigence et paniqué face à la feuille blanche.
Mais nous nous égarons (en double file ce qui est périlleux). Bref les morceaux de Kacem sont enfin en versions propres et c’est là qu’est tout le problème. L’album es trop propre, presque aseptisé ce qui est triste quand on a vu l’énergie de l’animal en live, son imprévisibilité perceptible même dans ses vidéos freestyles. Les musiques sont molles, mal choisies et semblent complètement inadaptées au flow polymorphe du MC. Des boucles soul jazzy sur fond de drums gentillet , une sorte de boom bap d’ambiance un peu mouligasse (pardon smooth) qui est au son du prétendu âge d’or ce que les sapins odorants des voitures sont aux arbres centenaires, seul Bonetrips signe deux prods intéressantes dont une outro bienvenue qui annonce, on l’espère, une suite plus aventureuse. Néanmoins j’écoute l’album et je l’aime plutôt bien, mais il tient en grande partie sur les épaules du charismatique Wapalek. Et je crains que le coefficient sympathie ne marche pas une seconde fois.

Sinon que devient Oster Lapwass ? Le beatmaker autrement plus talentueux qui accompagnait Kacem à ses débuts balance un nouvel album réunissant les prolifiques Lucio Bukowski et Anton Serra alias La Plume et Le Brise-glace. Un album plutôt très réussi avec un Lucio qui mesure un peu moins sa bibliotheque à longueur de couplets et dont les textes ressortent forcément grandis. De son côté Serra reste fidèle à lui-même c’est dire sauvage, inventif et excellent entre potache qui dessine des bites au fond de la classe et écorché vif. Oster lui creuse le sillon de son beatmaking sombre et expressif aux influences multiples, il crée une véritable ambiance qui lie tous les morceaux de l’album. On notera quelques idées appréciables qui font sortir le duo de sa zone de confort comme Les Sept Péchés ou ce qui aurait pu être un concept artificiel provoque (en tout cas chez moi) un véritable effet physiologique sur l’auditeur : j’ai vraiment eu envie de dégueuler sur un des couplets. Un album très agréablement conclu par le somptueux morceau fleuve Pinacle, tranchant radicalement avec le reste du disque. Le morceau est funky et décontracté avec une instru pas aussi simple qu’elle a l’air au premier abord, là dessus le flow chaloupe un sourire à travers l’ambiance sombre de l’album. On respire dans un bonheur tranquille que n’englue aucune niaiserie « et c’est la vie et c’est tant mieux ».

J’aimerais enfin vous parler du EP du duo Wamo, formé par le MC Wapi et le beatmaker Remo. Wapi, ancien MC de Comic Strip et auteur d’un premier album solo très réussi (Totem) nous régale de textes riches et fouillés, émaillés d’humour potache avec un flow au groove imparable et un timbre de voix immédiatement reconnaissable. L’alchimie est parfaite entre ces acrobaties textuelles et la musique à la voix direct, pleine de groove et incroyablement riche de sonorités et de détails. Un travail d’orfèvre dont résulte un formidable foisonnement : on ne cesse de redécouvrir le EP au fil des écoutes.
Le format est d’ailleurs particulièrement bien géré : il n’est ni baclé ni frustrant ce qui est souvent l’écueil du format EP (d’ailleurs vous allez m’expliquer l’intérêt, bande de zouaves, de frustrer votre public) . Ici il s’agit bel et bien d’une œuvre à part entière, courte mais dense et passionnante.

Sur ce bonne écoute et dans le meilleur des cas au mois Prochain.

 

 

 

Les Perles de L’huitre 10

Nouvel épisode avec mes coups de coeur de ces derniers mois.

Les Perles de L’huitre 10 by Pierre Samxao on Mixcloud

J Kill and Mr Mule: j-kill.bandcamp.com

Terry Turtle: https://terryturtle.bandcamp.com/album/those-little-devils

Crazy Monk: https://crazymonk.bandcamp.com/

Mallory: https://malloryfolk.bandcamp.com/album/strange-homes

Outdoor prostestant blues band: https://outdoorprotestantbluesband.bandcamp.com/

 

 

Les perles de l’huitre 9

Le printemps est de retour du coup on ramène un paquet de soleil dans les perles !!! tous à vous chaises longues et vos boissons, on s’occupe du reste.

Les Perles de l’huitre 9.0 by Pierre Samxao on Mixcloud

The Skints: https://theskints-shortchange.bandcamp.com/album/short-change

Le Barbu de Valmy: https://lebubar.bandcamp.com/album/pendant-que-le-temps-s-goutte

Strangelove: https://strangeloveldn.bandcamp.com/album/purple-ep

Madame Bert: https://lamarabunta.bandcamp.com/album/des-cacahu-tes-pour-les-braves et https://madamebert.bandcamp.com/

Miggs: https://miggs.bandcamp.com/

Wamo: https://wapiwap.bandcamp.com/album/wamo

 

 

Les Perles de l’Huitre 8

Bonjour !

Les perles continuent avec ce nouvel episode, faites moi la grâce de le kiffer.

 

Les Perles de l’Huitre 9 by Pierre Samxao on Mixcloud

01 Projay – Ce noble gris : bonne surprise du mois dernier avec le retour du soleil, le nouvel EP du MC greynoblois Projay, servi par un beatmaking somptueux.
Issu du EP Ce Noble gris

02 Pere Ubu – Wasted : Issu de l’album story of my life.

03 D’oz – L’inconnu : Gros moment de nostalgie avec ce morceau extrait de la première compile Max Boycott à l’époque ou Drixxxfaisait encore du boom bap.

04 Shooby Taylot – Lifte every voice and sing : the human horn en personne !!!

05 Azrael – Underdogg : Issu de l’album The Doldrums sur l’excellent label Imagination Treetrunk (merci à Samuel Richard des Impromptus)

06 Thomas Function – Snake In the grass : Bon allez, on appuie sur la pédale avec le quaturo de l’Alabama et son album Celebration.

07 Klaus Nomi – Total eclipse : Chanteur de cabaret 2.0 aux capacités vocales très étendues, il meurt après une poignée d’albums et de performances scéniques éblouissantes de ce qui était encore une épidémie gay.
Issu de l’album Klaus Nomi

08 Abner Jay – St James Infirmary blues : Un vieux standard sublimé par un des meilleurs One Man band au monde.

09 Ian Dury and the Blockheads – Billericay Dickie : Chantre de la classe ouvrière de Londre, Dury est l’auteur étrangement sous estimé de chanson mélangeant habilement fink, reggae et pub rock.
Issu de l’album New Boots and Panties

10 Uncommon Nasa : Ingénieur du son pendant un temps pour El-P, l’homme livre a la tête du lable Uncommon records un rap brut et sans concessions.
Issu de l’album NY telephone conversation.

11 lars Hollmer – Portaletyde

12 Red Mouth – Rock’n’roll aftertaste : Issu de l’album The old original saint red mouth blues.

13 François Hadji-Lazaro – L’amputé : La réunion d’un des plus prolifiques musicien français avec l’auteur et dessinateur Roland Topor.
Issu de l’album François detexte Topor

14 Sexton Ming – Words of wisdom from a witchie tongue : Compagnon de route de Billy Childish,et aussi prolifique qu’inventif. Son album Rogue Male avec le guitariste Steady n’est pas loin du chef d’oeuvre.

15 Tchad Unpoe – Titre non défini : 9a vous dit de réviser un peu le dictionnaire en compagnie de l’héritier d’Ambrose Pierce ?
Issu de l’album Undoe.

16 Morwenna Banks – White Horses : Seul enregistrement musical de l’humoriste anglaise.

17 Syd Barrett – Bob Dylan Blues : Issu de la compilation Would you miss me ?

 

 

Lattier – Le Combat Ordinaire

En 1985, Le ministre de la culture Jack Lang et un aréopage de gens cultivés se rendent dans le sud de la France pour une séance de goinfreries distinguées et de pénétration anale de diptères dont le consentement reste encore à prouver.
Un peintre est invité pour conclure la soirée. Ses tableaux racontent des histoires liées à sa région d’attache, entre l’Ardèche et le Gard . Des histoires de ses amis, de lui même, des faits divers… il est censé présenter ses tableaux et raconter les histoires au public.
On annonce la petite présentation d’une heure. Et là, Jack Lang et ses compagnons de Pince-Fesse fuient, tout ballonnés de boustifaille, sans même un regard pour les tableaux et sautent dans les bus pour aller dormir.
Le peintre c’est Gérard Lattier, qui, profondément blessé, racontera finalement ses histoires aux employés du musée. Il répondra au ministre par un tableau racontant l’histoire de ces civilisations anciennes dont il ne reste pour seules traces que des fossiles d’étron.
Alors qui est cet homme si peu digne d’intérêt pour nos amis parisiens qui, comme chacun sait, possèdent le savoir universel en terme d’art, de culture, de sexualité, de cuisine, de bien parler (c’est à dire sans les accents grotesques mais mignons des provinciaux, ces créatures aux trois quarts bêtes), d’air pollué et de dépressions ?
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Né en 1937 à Nîmes, le petit Lattier grandit dans les horreurs de la guerre de 40. Il voit les pendus sous le pont de Nîmes et son père meurt dans le bombardement d’un chemin de fer.
Il commence à dessiner enfant, pour s’occuper alors qu’une maladie le cloue au lit.
Il gagnera sa vie comme employé municipal, plus exactement en nettoyant les WC de la piscine.
Il se fait interner en Hôpital psychiatrique pour échapper à la guerre d’Algérie. C’est là qu’il commencera à peindre. Ses premières œuvres sont sombres et violentes, dans la lignée de Bosch ou Goya. Il s’agit de scènes de torture ou de viol, parfois scatologique et baignées d’un certain humour noir qui en atténue parfois la brutalité.
Ses premiers tableaux ne rencontrent guère qu’un succès d’estime, mais permettent tout de même au peintre de rencontrer des appuis dans le milieu dont Clovis Trouille avec qui il correspondra.
Lattier continuera a explorer la face sombre de l’être humain, jusqu’à plonger dans la dépression. Une dépression  » qui se porte aux yeux, je ne peux plus fixer, je ne supporte plus la lumière, je ne bande plus, le corps refuse d’aller plus loin.  » .La maladie particulièrement violente l’empêche de peindre. Lattier sombre petit à petit et ne sera sauvé que par sa rencontre avec sa future femme Annie :  » Annie m’a ramassé et m’a fait un petit et ça ! c’est une bonne raison de vivre ! « .
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Son style va alors changer pour devenir celui que l’on connait aujourd’hui. Les couleurs deviennent progressivement lumineuses, il peint les histoires de son enfance, celles que lui racontent sa mamé ou ses amis. Ses tableaux comportent l’histoire manuscrite et illustrée de quelques images. Ils se lisent à la manière d’une bande dessinée. Le texte est généralement oralisé, avec des passages en occitan et des transcriptions phonétiques.

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Il serait néanmoins injuste de voir en Lattier uniquement un passeur de la mémoire collective. En regardant de plus près ses images on peut voir que le petit Jésus porte des couches Pampers ou que les soldats du massacre des innocents brandissent la croix gammée. Les histoires passent au brouet de son imagination prolifique, il se les approprie pour en faire une œuvre personnelle, nourrie de ses émotion.
On peut établir un parallèle entre Lattier et Marco, le personnage principal du Combat Ordinaire de Manu Larcenet. Marco est un photographe spécialisé dans les clichés de guerre, comme Lattier une phase dépressive le prive d’inspiration et d’envie qui reviendront là aussi grâce à sa femme et à la paternité. Il consacrera une série de photos aux ouvriers du chantier naval de sa ville natale et se heurtera lui aussi à l’hypocrisie du milieu artistique .
Les deux vivent une sorte de chemin de Damas : comme l’apôtre Paul (présent dans l’oeuvre de Lattier) ils sont privés un moment de leurs forces, ce qui les guide vers une sorte de révélation (même si le mysticisme chrétien est absent chez Larcenet). Tout deux s’appliqueront alors à sauver une mémoire liée à leur enfance.

On qualifie souvent Lattier d’artiste « naïf » et c’est plutôt stupide. Peut on réellement considérer que l’auteur d’ «  Enculer le foetus » est naïf ? Je trouve le terme d’art naïf significatif d’un certain paternalisme que j’évoquais déjà dans l’article sur l’Outsider music. J’y vois une sorte de mépris de classe culturelle, rabaissant avec condescendance un travail qui a autant de valeur que celui des tenants de l’art conceptuel et intellectuel (à défaut d’être réellement intelligent).
Lattier cherche à retrouver un regard d’enfant pour voir le monde qui l’entoure, mais il le traduit en peinture avec l’esprit et le corps d’un homme adulte. Ses premiers tableaux montrent sa maîtrise des règles de l’art pictural et sa connaissance des grands maîtres. Sa correspondance avec Trouille montre une large culture et une maîtrise de la langue française à milles lieux de l’oralité de ses tableaux.
La peinture de Lattier est le fruit d’une réflexion est d’un travail de recherche, très loin d’une expression « brute » .
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Le thème principal de l’oeuvre de Lattier est l’amour, au sens évangéliques du terme, tel que l’entend Saint Paul :
« L’amour est patient,
l’amour est serviable,
l’amour n’est pas envieux,
il ne se vante pas,
il ne se gonfle pas d’orgueil,
il ne fait rien de malhonnête,
il n’est pas intéressé,
il ne s’emporte pas,
il n’entretient pas de rancune,
il ne se réjouit pas
de voir l’autre dans son tort,
mais il se réjouit
avec celui qui a raison ;
il supporte tout,
il fait confiance en tout,
il espère tout, il endure tout.
L’amour ne passera jamais. »

(1ère lettre de Saint Paul aux Corinthiens 12, 4-8)

 » C’est le voyage au pays de la Bête du Gévaudan. Ce voyage-là, il me dure quatre ans avec, au bout du voyage, la Bête qui me tend le miroir, je me suis regardé dans le miroir, j’ai demandé Pardon  » (Lattier)
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La religion de Lattier est à l’image de ses tableaux : gorgée d’ humour et de tendresse. Selon lui, la plus belle preuve de l’amour de Dieu et de sa bonté c’est qu’il nous permette de douter de son existence. Dieu peint par Lattier joue de l’accordéon « comme un pied », mais les habitants du paradis, heureux de voir Dieu s’amuser, font comme s’il jouait bien et danse quand il massacre les airs de valse. Seul, dans un coin du paradis, le chef d’orchestre Herbert Von Karajan se plaint du vacarme. Il s’en plaindra et en souffrira 12 ans (c’est à dire le temps qu’il passa au parti nazi) avant de s’ouvrir à l’amour et de rejoindre la ronde des danseurs. Car chez Lattier, la rédemption est toujours possible, même chez les criminels de guerre qui ont marqué son enfance une étincelle d’humanité est présente. Ainsi, dans un autre tableau, un juif polonais caché en France se voit gracié par un officier allemand admiratif de son courage.
Un autre tableau rebaptise la vierge Marie « Nôtre-Dame de la joie » . On y voit un autre chef d’orchestre proche des nazis invité sur scène par Yehudi Menuhin en signe de pardon.
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Un autre thème important est celui de la défiance envers la hiérarchie et l’autorité. D’un hommage vibrant au Jaures de Brel à l’histoire d’un homme se distrayant le dimanche en frappant les officiers sur la Canebière, Lattier s’attaque à tout ce qui porte atteinte à la dignité humaine de quelque façon que ce soit. Dans ses tableaux, les monstres des premiers temps accompagnent les raids des soldats massacrant les populations civils . Mais comme toujours, la tendresse et l’indulgence ne sont jamais bien loins. Dans l’histoire de La Battue (l’histoire d’une nîmoise tondue à la libération) une image sous-titrée « peut être bien qu’il s’aimait ces deux là » montre la femme et son amant allongés nus dans leur lit, un large sourire sur chaque visage, tandis que la guerre fait rage. La guerre représentée par Lattier montre autant des occupants humains , capable de nobles sentiments malgré leur cruauté que les alliés en créatures de cauchemars, tuant les civils aveuglément pour s’assurer la victoire.

L’oeuvre de Lattier est avant tout marquée par l’amour et la tendresse. Un humanisme profond, développé à la suite d’années sombres et de tableaux d’une rare violence à l’inspiration morbide. Il ne s’agit pas d’une rupture dans son travail mais d’une continuité, l’horreur du début est toujours présente, elle est seulement prise différement. « Salut ! Je vais vers la vie » dit l’auteur à propos de cet évolution.
Les valeurs défendues dans ses tableaux, les sentiments qu’ils véhiculent sont nécessaires dans notre époque marquée par un cynisme aussi béta que mercantile, par le mépris plus ou moins affiché (ou plus ou moins paternaliste) d’une certaine élite intellectuelle et la vulgarité abêtissante de son paysage culturel.
Son œuvre, qu’on pourrait hâtivement juger naïve et régionaliste, est une résistance magnifique à la barbarie et à la brutalité, sous toutes leurs formes.
Et, cerise sur le gâteau, tout cela sans torturer le moindre animal, avouez que c’est fortiche !!

Bibliographie :
http://www.artwiki.fr/wakka.php?wiki=GerardLattier
Gérard Lattier, Le voyage en peinture, Editions du Chassel, Lagorce, 2004
Clovis Trouille – Gérard Lattier, correspondances, Editions Actes-Sud / Cercle d’art contemporain du Cailar, 2004

Portrait de Lattier par André Abbe et Gejo Klos. Production Imagine France Lagorce 07150

Le combat ordinaire, Manu Larcenet, Dargaud

 

 

 

 

 

Les perles de l’huitre 7

Après un bon mois d’absence les perles sont enfin de retour pour une selction orientée rock garage et hip hop. Amusez vous bien.

Les perles de l’huitre 7 by Pierre Samxao on Mixcloud

01 Holly Golightlly and the Brokeoffs – Devil do : Déjà apperçue dans mes sélections au côtés de Dan Melchior et Billy Childish, Holly est l’auteur d’une prolifique carrière solo entre folk, rock et blues.
Issu de l’album You Can’t Buy a Gun When You’re Crying

02 Nashville Pussy – Come On, Come on : Rock gras et nerveux par le groupe au nom le plus subtil au monde.
Issu de l’album Get some

03 – Voon feat Dono – Capitale : Changement d’ambiance ! Voon est membre du collectif de rappeurs messins La geometrie variable, dignes héritiers du rap « alternatif » de la fin des années 90, pratiquant le metissage entre Boom bap Def Juxien et sonorités electroniques.

04 – Jack White – Temporary ground : L’ex White Stripes fait un très bon retour en solo avec l’album Lazaretto

05 – Thiriet – Something Harder : On connait Thiriet dessinateur dans Spirou et Fluide Glacial, on connait moins sa carrière de musicien et chanteur pourtant tout aussi honorable.
Issu de l’album Moi aussi j’peux si j’veux

06 – Brzowsky – Friendly fire : A fitfull sleep est surement le chef d’oeuvre du MC de Portland et de son rap torturé et energique.

07 – Rob Sonic – Jesus christ supertramp : Depuis la fin des années 90 avec le groupe Sonic Sum, Rob Sonic poursuit sa route de façon assez confidentielle malgré des projets de grande qualité comme le récent Alice in thunderdome.

08 – The Kentuckians – Gone Fishin’ : Originaire du Kentucky, le duo formé de J.T Dockery (dessinateur) et de Jeffrey Scott Holland (peintre et écrivain) delivre un rock teinté de blues, minimaliste et efficace.

09 – Seez Mics – Becomes a ghost : Avec un petit côté Sage Francis dans le flow parlé et dans le grain de voix, Seez Mics delivre un très bon album nourri de beatbox et intitulé Cruel Fuel.

10 – Mamie Perry – I’m hurted

11 – Thiriet – Nicole : Autre extrait de l’album de Thiriet cité plus haut, en français cette fois ci.

12 – Eric Funn – Miss the Mississipi : Dans la lignée de Danie Johnston, Eric Funn propose des chansons à la justesse approximative mais au charme évident.
Issu de l’album No more blues tomorrow.

13 – Mamie Perry – My baby waited too long

14 – Jacobites – Every girl : Aprés le punk bruitiste de son premier groupe Swell Maps, Nikki Sudden revient à une musique plus classique avec les Jacobites.
Issu de l’album Robespierres’s velvet basement.

15 – Staab – Scratch : Le Kentucky est un véritable vivier de talent, après les kentuckians voici Staab et son noise rock puissant et inventif.
Issu du EP Demo

16 – Gabriel Sullivan – Fall appart : finissons en doucer avec le folk blues hanté de Gabriel Sullivan.
Issu de l’album Where the bad ones go.

 

 

 

 

Outsider Music

Après quelques mois de sélections musicales présentées dans ce webzine, je pense qu’il est temps d’expliquer le plus clairement possible ce qu’est l’ « outsider music », souvent présente dans les Perles de l’Huitre.

Le journaliste américain Irwin Chusid revendique la paternité du terme. Il est d’ailleurs l’auteur de l’indispensable Songs in the key of z , guide présentant quelques outsiders parmi les plus célèbres.

songs in the key of z

songs in the key of z

Je l’ai pour ma part découvert dans les vidéos du comique britannique Mike Belgrave qui sont à la base de mon intérêt pour ce sujet.

Tout d’abord, l’outsider music n’est absolument pas un genre musical, on trouve des outsiders dans tout les genres, du classique au folk. Ce qui définit l’outsider c’est avant tout son absence plus ou moins grande de connaissances musicales. Il évolue également hors de l’industrie musicale, plus par incapacité de se conformer à ses normes que par choix délibéré. Certains ont rencontré un franc succès et sont considérés aujourd’hui comme d’importants innovateurs, à l’image de Syd Barrett premier guitariste de Pink Floyd .
On donne souvent l’exemple du groupe The Shaggs pour représenter cette catégorie de musiciens. Les Shaggs sont un groupe familial, trois soeurs dirigées par leur père. Les chansons chroniquent leur quotidien, sans aucune ambition littéraire. La musique du groupe n’est absolument pas juste selon nos canons musicaux, elle sonne comme si les trois membres avaient joué sans s’écouter les unes les autres. Le chant est chaotique.

Et pourtant des personnes comme Carla Bley et Frank Zappa ne tarissent pas d’éloges sur ce disque. Pourquoi cet intérêt ? Parcequ’il y a dans la musique des Shaggs un charme inexplicable qui pousse certains auditeurs à y revenir; ce charme découle de l’ingénuité, de l’absolue sincérité qu’il y a dans la création de ce disque.
Mettons les choses au clair : je ne pense pas qu’une oeuvre soit plus intéressante parcequ’elle a été créée par des personnes sans éducation artistique ou, comme certains outsiders, atteintes de maladies mentales. Ce genre d’idées tourne rapidement à la foire aux monstres, au zoo humain et à un intérêt finalement très paternaliste et malsain. Les outsiders sont rares et intéressants car malgré leurs difficultés de départ ils ont su réaliser une oeuvre originale et souvent très personelle.
Billy Childish et Sexton Ming ne sont pas devenus des auteurs originaux à cause de leur dyslexie mais parce qu’ils ont réussi à la surmonter et à s’en servir pour créer un style qui leur est propre.
Wesley Willis, par exemple, a grandi dans un des ghettos les plus violents et pauvres d’ Amérique. Les violences subies dans son enfance aggravent son état mental jusqu’à le plonger dans la schizophrénie paranoïde. Il nomme les voix qu’il entend durant ses épisodes psychotiques « Nervewrecker », « Heartbreaker » et « Meansucker ». Sa maladie est baptisé « Hell rides » (ballade en enfer) et le rock’n’roll est la « joy ride music ». Willis aura jusqu’à sa mort une très importante productivité, sa musique étant une façon de vivre mieux sa maladie.
Willis est avant tout quelqu’un de créatif, doué d’une imagination prolifique qui lui permet de faire de sa souffrance une œuvre profondément original.

A l’ heure où les acteurs de l’art contemporain pataugent dans la fange conceptuelle pour justifier leurs fascination morbides digne de la presse poubelle et leurs blocages au stade anal, il est bon de rappeler que la beauté artistique, la poésie et toute la panoplie des mots interchangeables prisés dans les dossiers de presse ne proviennent pas de la souffrance, de la crasse ou de la misère mais de la façon dont on les sublime. Ce qui, à mon humble avis, n’arrivera pas par l’intérêt malsain lié à un besoin de provocation somme toute très adolescent de cette frange surexposée de la culture actuelle.

Suite à cette petite mais très agréable digression revenons-en à nos moutons. Un très bon exemple de l’ingénuité dont je parlais plus haut est le chanteur Daniel Johnston . Enregistrements plus que lo-fi (un magnéto cassettes dont on entend les boutons pause et rec au beau milieu des chansons), arrangements approximatifs et minimalistes, rythmique prise de hoquet et fausses notes en pagaille. Mais pourtant Johnston fait l’admiration de ses pairs, de nombreux musiciens le citent en exemple, reprennent ses chansons ou travaillent avec lui. Johnston possède en effet un sens mélodique très fort, sa musique est très accesible et ses airs restent dans la tête.

Personellement je trouve même les reprises moins intéressantes que les versions originales . Tout ce que la chanson gagne en justesse et propreté elle le perd généralement en émotion et en originalité. La force de Johnston et des outsiders tient autant dans leur défaut que dans leurs qualités. Mieux, leurs défauts deviennent leurs qualités.

L’outsider crée une musique inouïe, dépassant les limites d’une musique plus conventionnelle car il ne sait le plus souvent pas qu’elles existent.
Je trouve le travail de ces artistes salutaire dans une époque où la bêtise crassement décomplexée d’une certaine pop culture le dispute à celle, méprisante et emmitouflée de concepts abscons d’artistes contemporains perdus dans des provocations stériles. Quand toutes les images et musiques qu’on ingère à longueur de journée sont retouchées, corrigées comme la viande qu’on mouline pour les enfants dont les dents n’ont pas encore poussé, il me semble important de pouvoir écouter des choses qui osent être fausses et marcher de travers au milieu de chanteurs et chanteuses qui doivent leurs performances à leurs ingés sons ou leur monteurs vidéos. Des artistes d’ailleurs souvent plus doué(e)s pour l’utilisation des outils médiatiques que pour la création d’univers personnels.

Sources :
http://www.wesleywillissjoyrides.com/
Irwin Chusid : Songs in the key of Z

 

 

 

 

 

 

Les Perles de Noël

Vous avez été sages alors pour une fois je livre à l’heure, bon appétit et bonnes fêtes.

 

Les Perles de Noel by Pierre Samxao on Mixcloud

 

 

Nicole and the dreamcatchers – Santa is the greatestest : Compilation disponible sur le site Sounds are active, Krismus karuls regroupe des chants de noëls enregistrés par divers artistes léconnus, dont Nicole une jeune fille de 12 ans.

Tiny Tim – Rudolph the red nosed reindeeer : Chanteur à la tessiture très large, connu pour avoir sauver à l’aide de son ukulele de nombreuses chanson parfois très anciennes.
Issu du Tiny Tim’x christmas album

Brigitte Fontaine et Areski – Mephisto : Issu de l’album Le bonheur, sorti comme tous les excellents et très inventifs albums du duo sur le label saravah.

Woody Philips – dance of the sugar plum fairy : Issu de l’album toolbox christmas, composé de réinterprétations de chants de noëls à l’aide d’instruments mécaniques.

Allan Sherman – twelve days of christmas ; acteur et chanteur américain, spécialiste de la parodie de tubes ou de chansons populaires.

Dj muggs et Planet Asia – Lion in the forest : On peut se demander ce que ce très bon morceau de Pain Language fait ici. C’est parcequ’il est en fait basé sur un sample d’un morceau de Bob James reprenant la mélodie de….

Bizet – l’Arlésienne suite 2 farandole : l’arlésienne de Bizet elle même inspirée par….

Chansons histoirques – de bon matin : … ce cantique de noel du XVIIIe originaire (évidement) de Provence car….

Robert Miras – Jésus est né en provence : Excusez nous, on blague un peu dans le midi.

Flo Price – Jesus is his name : Issu de l’album christmas space age adventure.

Goldblade – City of christmas ghosts : Le groupe Punk s’adjoint les service de la chanteuse Ply styrene ( X-Ray spex) le temps de ce mroceau.

Billy Childish – Dear Santa Claus : Dans la même veine, par Childish qu’on ne présente plus ici.

Esso trinidad steel band – Gloria in exelsis deo : Un cantique calypso ? Mais bien sur !

Lucky Beaches – what a heavy load

The Mary Hamocks – Sweet baby Jesus : Issu de la compilation krismus karuls

Nicole and the Dreamcatchers – Time to rejoice

Brave Combo – Christmas in july : Extrait de l’album It’s christmas man !

The morning call – red and green : Issu de la compilation krismus karuls

Jaymz bee and the royal jelly orchestra – Jingle Bells : Issu de l’album A christmas cocktail.

Father frank- chapel in the valley : Issu de l’album Songs and hyms for the polka mass

Mary Kristmus – Go tell it on the mountain : Issu de la compilation krismus karuls

Gayla Peeveey – I want a hippopotamus for christmas : enregistré en 1953 par la chanteuse alors agée de 10 ans.

Half Handed Cloud – The _ that moved around the night : Issu de la compilation kristmus karuls

Eilert Pilam – Stille nat : Eilert Pilam est le Elvis suédois bien que la ressemblance ne saute aps aux yeux. Ce qui ne l’empêche pas de reprendre avec ferveur les tubes de son idole quand son boulot de technicien de surface est terminé. Accompagné par une cassette de versions instrumentales, ses concerts sont réputés être de grands moments tant son plaisir est communicatif.

The Goons -I’m walking backward for christmas

Hans Poulssen – Boom Sha La La Lo : Un des premiers succès du chanteur australien.

 

 

 

 

Les perles de L’huitre 6

Les perles nouvelles sont arrivées! J’en profite pour vous annoncer l’arrivée prochaine d’une nouvelle chronique présentant à chaque fois au moins trois artistes dont vous pourrrez trouver les oeuvres sur bandcamp (inspirée par la chronique « bandcamp is the new cassete culture » de l’excelleent blog Music for maniacs)

 

Les Perles de l’Huitre 6 by Pierre Samxao on Mixcloud

1 ) Wild man fischer – My name is Larry : Figure majeure de l’outsider music. Remarqué par Frank Zappa alors qu’il chantait dans la rue en s’accompagnant à l’air guitar, il commence une carrière discographique qui connaitra des fortunes diverses, en grandes parties dues à ses problêmes mentaux.
Issu de l’album wildmania

2 ) Tin huey – Revelations of Dr Modesto : Compatriote et comtemporain de Pere Ubu, Tin Huey propose une musique cuivrée, proche du jazz Zappaïen en plus brut.
Issu de l’album Contents Dislodged During Shipmen

3 )Mashmakhan – As the years go by : Groupe de rock progressif canadien des années 70, auteur de très bons album et samplé notement par MF Doom sur vomit spit.
Issu de l’album Mashmakhan

4 )Nancy Sesay and the melodaires – Ballad of Hong Kong : Side project de membres du groupe post punk The Homosexuals
Issu du maxi C’est fab.

5 ) Bonzo Dog Doo-Dah Band – Hello mabel : Groupe anglais des années soixantes, célèbre pour avoir compté en son sein Eric Idle et Michael Palin, futurs membres des Monthy Python. Issu de l’album The doughnut in green granny house

6 ) Jandek – Forgive me : autre figure de l’outsider music, Jandek est l’auteur d’une musique unique en son genre, apprécié par 3 % des auditeurs. Sortant ses disques autoproduits au rythme d’un par an depuis 1978. Sa voix monotone, acompagnée par un guitare désaccordée (dont il semble n’avoir qu’uune vague idée de la façon d’en jouer) rend sa musqiue sa musique parfois très difficile à supporter. Issu de l’album 6 to 6

7 )Dave travis extreme – Late night the flowers Bloomed : Sympathique groupe garage des années soixante.

8 )Ben Caplan and the casual smokers – Down to the river : Un blues terrien et énergique, mené par l’ogre Ben caplan Issu de l’album In the time of great remembering

9 )Amy Casper – Down by th river : Restons donc prés de la rivière en comapgnie de cettte mystérieuse chanteuse folk . Issu de l’album Two children

10 )Daniel Johston – Devil Town : Outsider encore, Daniel Johsnton est un chanteur de country obsédé par Casper, Dieu et une libraire nommée Laurie.
Issue de l’album 1990

11 ) Bourvil – Mon frère d’angleterre

12 ) Palberta – Sweat Pap : Issu de l’album My Palberta

13 ) Robert Miras – Notre accent : C’est une marque déposée sachez le bien.

14 ) Shooby Taylor- it is no secret : Surnommé « human horn », Shooby taylor a développé un style unique et personnel de scat singing qu’il enregistre par dessus ses disques préfrés. Tout ses enregistrements sont disponibles gratuitements sur le site que lui ont consacré ses fans.

15 ) Tracey Trance – Feelin the sun : Trés bonne surprises de ces derniers mois, issu de l’inclassable Pyper Klub.

16 ) En Kernaghan band – Walken down the road : Artiste du label Kelang records, spécialisé dans une sorte de rock garage lo-fi et bancal.

17 ) Don Lang – Dream catcher : Bluesman signé chez Asura records, Don lang présente la spécifité de ne s’accompagner qu’à la guimbarde, créant un style vraiment particulier.
Issu de l’album Stomp Blues

18 ) Roto Rooter Good time Christmas Band : Dans la lignée absurde du Bonzo Dog Doo- Dah band. Issu de leur album éponyme.

 

 

 

 

Shifty Chicken Shed – Town

Vous avez déjà pu entendre un extrait du premier effort du Poulailler Sournois dans le dernier épisode des perles de l’ huîtres mais l’album mérite qu’on lui accorde quelques instants d’attention. Soyons clair : c’est de loin l’une des choses les plus excitantes qui ait traversé mon cerveau bovin plus habitué à compter les monotones wagons en bordure de mon prés. A l’écoute l’herbe ne fit qu’un tour dans mes trois estomacs, et je courrais interroger les poules sur ce fameux poulailler sournois.
Elles me parlèrent de cette fanfare qui fait depuis la nuit des temps le bonheur des festivités gallinacières : ils jouent un genre musical nommé parl eurs soins « Charity Shop Pop  ».
Le DIY et la règle de cette équipe, venue de la perfide albion. Un style développé dans le circuit des pubs et prenant sa source dans la musique afro-américaine. Le groupe a d’ailleurs accompagné en concert la référence du genre : Dr Feelgood.
Solidement ancrés dans la tradition, ils n’hésitent pourtant pas à lui apporter une touche plus personelle. Le résultat est un disque bouillant d’inventivité, surréaliste dans sa réinvention du blues.

 

Le premier morceau évoque le R’n’B des années soixante : guitares puissantes et cuivres omniprésents sur un rythme entraînant. Puis s’y pose une voix d’ogre au parlé chanté évoquant Captain Beefheart. L’influence est criante quand le saxophone se livre à des embardées Free Jazz . Il y a du Beefheart dans ce disque, dans ses structures faussement bancales qui semblent sans cesse en mouvement.
On pense aussi au Bonzo Dog Doo-Dah Band. Comme leurs illustres ancêtres, les locataires du poulailler forment une sorte de fanfare improbable par le renfort de textures électroniques étranges ou d’un piano en roue libre. Des ambitions symphoniques se heurtent à la production très brute avant d’être happées et digérées par le blues rageur qui domine presque le disque.Ajoutez à cela l’habile entrelacement des voix féminines et masculines. On ressent une impression de masse grouillante, en apparence désorganisée mais obéissant à une logique interne diablement efficace.
Puis, parfois la machine ralentit, nous laissant apprécier la très agréable voix de Deborah Harris sur Come ou le rythme heurtés le dispute à la douceur des cuivres. Mais on ne se repose pas longtemps dans le poulailler, les ruptures rythmiques de Dominoes sont là pour nous le rappeler.

C’est au ryhtme endiablé de ce projet truffé de surprises musicales et de trouvailles miraculeuses que la bande du poulailler nous emmène dans sa ville aux rues tortueuses. On en ressort avide d’un prochain voyage.

 

Les Perles de l’huître 5

Tout vient à point à qui sait attendre, j’ai donc enfin eu un peu de temps pour m’atteler à la tâche et j’espère pouvoir faire une seconde livraison d’ici la fin de la semaine.

Les Perles de l’Huitre 5 by Pierre Samxao on Mixcloud

01 Ricet Barrier – Belle qui tient ma vie : On retrouve Ricet Barrier pour une belle version d’un air de danse du moyen-âge.

02 David Thomas and the Wooden birds – My Town 
: Alors qu’est sorti l’excellent dernier album de Pere Ubu, penchons-nous plutôt en toute logique sur un des nombreux projets de leur charismatique leader.
Issu de l’album Blame the messenger

03 Mr Lif – Madness in a cup : Lui aussi nous revient avec un nouveau projet dont je vous reparlerais sous peu. Donc petit rappele des faits avec ce très beau morceau minmaliste issu de l’album Sleepyheads

04 Billy Childish et Dan Melchior : on retrouve deux musiciens déjà présentés dans les perles, pour un morceau issu de leur très bonne collaboration Devil in the flesh, représentative du blues décharné de Billy Childish et des expérimentations bruitistes de son compère.

05 Grow Up – Lake : Groupe de rock anglais de la fin des années 80. Issu du EP Stay Awake

06 Hotrod Frankie – Highway 69 : Un bon moment de psychobilly nerveux offert par ce groupe suédois.
Issu de l’album Lost in lynchland.

07 Rude Mechanicals – Perfect Child 
: La musique des Rude Mechanicals est une sorte de Jazz Punk très brut, influencé par les ambiances de cabaret. Mais ils se tiennent loin de ce « burlesque » pitoyable et vulgaire qu’on sert dans certains milieux et qui n’arracherait même pas une demi-molle à un priapique sous viagra. Le résultat est une tambouille profondément originale avec tout de même quelques épices Zappaïennes.

08 Dick Annegarn – Bonjour 
: depuis la fin des années soixante, le chanteur belge distille lentement mais sûrement son folk tordu. Il nous livre ici, avec son écriture unique, une vison originale des évangiles.
Issu de l’album Vélo Va

09 Norm Burns – Human breakdown of absurdity 
: Nous entrons ici dans un univers étrange, celui des « songs poems ». Il s’agit d’une initiative du label MSR Records qui proposait, via des annonces dans la presse poubelle, à n’importe qui d’écrire une chanson qui, contre un certain pris, était alors enregistrée par une équipe de professionnels et gravée. La demande fut abondante et demanda des marathons d’enregistrement pour honorer les commandes. Il en résulte ce genre de bijoux.

10 Iris – Angle 7 : Iris est sans doute un des secrets les mieux gardés du rap français. Depuis son sublime morceau Ciel Ether ses apparitions se font rare mais toujours impressionantes . Il semble néanmoins de plus en plus tenté par des projets conséquents au vu de son album en duo avec Arm.

11 Hellblinki – Sanjula’s Junk 
: On retrouve ici un style proche de celui des Rude Mechanicals, mais plus orchestral. Leurs albums comportent aussi des plages bruitistes et planantes qui doivent beaucoup à certains compositeurs de la seconde moitié du siècle dernier.
Issu de ‘lalbum These Bubbles

12 Nonnes Troppo – Souvenirs de Femme 
: Sans aucun doute l’un des plus beaux textes jamais écrit dans notre langue.
Issu de l’album Le Couvent

13 Shifty Chicken Shed – Dominoes 
: Le groupe anglais définit sa musique comme du « Charity Shop Pop », ça mévitera de me lancer dans des considérations hasardeuses. Merci à eux.
Issu de l’album Town

14 Red Televison – Finger Boy Joe : Issu de l’album Red Television

15 J.P Whipple _ Jesus in a pancake:On termine en douceur avec le morceau d’ouverture de l’album Bible Milk

 

 

Les Perles De L’Huitre 06/09/2014

C’est la rentrée bande de loutres sympathiques !!!!! Après une semaine passée à ne pas m’assurer un avenir, je vous reviens avec le quatrième volume de la chronique à la régularité d’horloge suisse déréglée.

Les Perles De L’Huitre 4 by Pierre Samxao on Mixcloud

Le carillon de Vendôme : Comptine du quinzième siècle relatant les victoires anglaises durant la guerre de cent ans.

Roky Erickson – Two Headed Dog : j’avais évoqué dans la dernière sélection le nom d’ Erickson, figure marquante du rock garage et psychédélique dans les années soixante avec son groupe 13th Floor Elevators et aujourd’hui encore véritable référence dans le domaine . Ce morceau ouvre l’album The Evil one, plus orienté hard rock que les sorties des années soixante.

François Béranger – Tranche de vie : Un des premiers succès d’une figure marquante d’une certaine chanson français des années 70 qui conciliait l’héritage des chansonniers populaires avec la musique rock et folk venu d’Amérique.
Issu de l’album Une ville.

Samm-Comme un Robot : Un des rappeurs français les plus sous-côtés malgré des sorties régulières à la qualité indisputable.
Issu de l’album The unofficial masterpiece of rast.

The Great Hoax – Lonesome Town : Une de mes meilleures découvertes de ces derniers mois. Un duo néo zélandais produisant un mélange de musique acoustique et électronique teinté de blues, cousin lointain du rock fantomatique d’Alan Vega .
Issu du EP Imitation Red Sky .

Ricet Barrier – Il faut de tout pour faire un monde : Chanteur fantaisiste ayant débuté après guerre dans les cabarets parisiens, Barrier a su intégrer les évolutions musicales des années 60 et 70 dans son univers sans jamais le dénaturer.
Issu de l’album Ricet Barrier.

J.Stalin – Money in ya jeans : Issu des quartiers pauvres d’Oakland, le rappeur au surnom provocant usine depuis 2006 un gangsta rap nerveux dans la continuité de ce que propose la côte ouest.
Issue de l’album Memoirs of a curb server

One String Sam -I need a hundred dollars: Bluesman jouant du diddley bow, instrument à une corde traditionnellement utilisé dans les communautés afro américaines du sud des Etats Unis.

Gel Roc and Joe Dub – Headphones : Le mc du crew EX2 (représentant de la scène underground de la côte ouest) s’associe à l’excellent Joe Dub pour nous livrer son dernier EP From the Vault.

Brown Bird – Fingers to the bone : Un beau moment d’americana offert par le groupe originaire de le même ville qu H.P Lovecraft .
Issu de l’album Salt for salt.

Klô Pelgag – Comme des rames : Belle découvert des ces dernières semaines, la chanteuse développe un univers surréaliste très personnel où la mort et la maladie omniprésentes sont sublimées par une tendresse fantaisiste.
Issu de l’album L’alchimie des monstres.

Ramson Badbonez – Foul Moods (July) : Après BVA le mois dernier, voici un autre rappeur du label High-Focus : Ramson badbonez et son album concept A year in the life of Oscar the Slouch conçu comme un calendrier rapologique.

Jaw Harp Potential – You’re alright : Le trio de musiciennes originaires de Ames dans l’Iowa, offre dans ce premier EP une poignée de chansons joliment bancales dont l’accomapgnement instrumental ne déplairaient pas à Pascal Comelade.
Issu du EP My boyfriend your cat.

Forgotten Fish Memory Orchestra – Mexican day of the funeral : Une des meilleurs noms de groupe au monde avec un des styles les plus uniques, véritable brouet d’influences alimenté par des instruments étranges et méconnus voir complètement inventés. N’ hésitez pas à chercher sur youtube des vidéos de leurs performances scéniques ça vaut le coup d’ oeuil !
Issu de l’album Iron Shoes.

The Flugnoids – Rabia is calling : Derrière ce nom fleurant bon la science fiction bon marché se cache un groupe mêlant blues, rock’ n’ roll, spoken word et musique conrète dans la grande tradition Zappaïenne .
Issu de l’album Money can’t buy poverty.

Ricet Barrier – Autre (les prisonniers) : Issu du même album que précédemment, une très belle adaptation d’un texte de Paul Verlaine.

Taylor Asiong Apilay – Take It Back : One man band jouant de plus d’une dizaine d’instruments, Taylor Asiong Apilay propose un premier album très réussi entièrement réalisé à la maison.
Issu de l’album One man Band.

Kevin coyne – Marlene : Il a été très difficile de tirer une chanson de ce chef d’ œuvre de folk dérangé qu’est l’album Marjory Razorblade, sorti en 1973.

David Crosby – Orleans : et comme la dernière fois on termine avec une version différente du premier morceau qui concluait le très bel album If i could only remember my name .

 

 

Les Perles de l’Huître 15/08/2014

Pas de vacances, ni pour les vrais gars ni pour les fausses garces, telle est la devise des huîtres (avec Safe sex, hip hop et eau plate ). Voici donc une nouvelle sélection remplies de vibrations positives et de pensées suicidaires parce que sinon on s’ennuie, faîtes moi le plaisir de kiffer ne serait-ce que légèrement vos races sur cet excrément.
Je vous aime, Peace.

 

Les Perles de l’Huître 3 by Pierre Samxao on Mixcloud

 

01 – Mama’s broke – Last kind words : On commence avec une reprise du superbe morceau de Geeshie Wiley (que j’ai découvert comme beaucoup dans l’excellent Crumb de Terry Zwigoff) par ce duo Canadien. Issu du premier EP de mama’s broke

02 – Le Sept – Un seul principe (Mr Stereo RMX) : L’album Le Jeu du Pendu de Sept et Lartizan reste, 5 ans après sa sortie, un véritable bonheur auditif pour les amateurs de hip hop. La plume du MC représente un alliage rare entre le fond et la forme qu’on redécouvre ici avec plaisir dans cet agréable remix de Mr Stereo . Hors album mais procurez vous les albums du Sept et le Sexploitation project de Mr Stereo.

03 – Swilson – Electric Aborigine : Loin des copies passéistes sans imagination qui pullulent un peu partout, Swilson s’approprie les influences du rock garage des années soixantes (Roky Erikson, tant dans la voix que dans les thématiques) pour créer son « Satanic Psychedelic Loner Rock  ». Dont ce morceau furibard nous offre un bel exemple. Les informations sont tirées du site http://www.cheapsatanism.com/ que je vous conseille de visiter.
Issu de l’album Demonolgy.

04 – Stiv Bator – Poison Heart : On continue dans la douceur avec cette reprise des Ramones par leur compagnon de route Stiv Bators, chanteur des essentiels Dead Boys, sur son album The Last Race en 1996 .

05 – Smiley The Ghetto Child – Insane terrain : Le MC new yorkais nous offre ici un agréable moment de Boom bap épuré sur la très bonne compilation du collectif Grim Team Once Upon a Time in America, recommandée à tous les amateurs de hardcore New Yorkais .

06 – BVA ft Fliptrix,Cracker Jon et Dj Sammy B-side – It’s a mad world : Rap anglais ici, pluvieux comme il se doit, avec ce morceau qui rassemble un partie du catalogue du très bon label High Focus .
Issu de l’album de BVA Be Very Aware.

07 – Captain Shook – Hey Batta Batta : Un bon moment de blues sale et saturé bien agréable, proposé par Captain Shook à prix libre sur son Bandcamp.

08 – Black Fruit – She Wants To Die : Moment qu’on prolonge sans hésitation avec ce groupe du Michigan !
Issu de l’album SHE

09 – Holly Golightly et Dan Melchior – I’m feeling good : Exercice périlleux que la reprise de ce genre de scie magnifiée par une patronne du genre et souvent massacrée par la putasserie de certains guignols . Le duo s’en sort avec les honneurs avec cette version lo-fi adaptée aux capacités vocales moins lyriques de Holly Golightly. Il en découle une certaine humilité qui offre une autre dimension au morceau.
Issu de l’album Desperate little town .

10 – Graemme Allwright – La mers est immense : Est-ce vraiment la peine de présenter ?

11 – GG Allin – Fuck Authority : Souvent réduit, par des branchouilles en manque de frissons, à ses provocation scéniques et son mode de vie extrême , Allin est également l’auteur d’une œuvre unique et sincère . La majorité de sa discographie est consacrée à un punk hardcore aux paroles violentes et ordurières mais on y trouve également le superbe album de country macabre et paisible  Carnival of Excess  dont est extrait ce morceau .

12 – Lowschool – Bienvenue à Babylone : Le duo MC/beatmaker nantais livre un bon exemple de leur rap revendicatif et énergique.
Issu de l’album This is a Lowschool Project.

13 – Hortense Ellis – Woman of the Ghetto : La chanteuse jamaïcaine nous offre une superbe reprise du classique de Marlena Shaw.

14 – Dude – Les Rues de ma Ville : On continue dans le reggae avec cette performance acoustique du chanteur rouennais Dude (issu du crew R2G) disponible en vidéo sur youtube.

15 – Swilson – Demonolgy : Un autre extrait de cet excellent album, dans une veine plus calme et avec l’apport d’une chorale d’enfants .

16 – Them Savages – Bones In Ribbon : Sous ce nom ses cache Alex D. Begay, un homme orchestre originaire de l’Arizona. Sa musique est souvent aux limites de la justesse ùais chargée d’une émotion étrange, un sympathique appeau pour fantômes sylvestres .
Issu de l’album Church Songs.

17 – Geeshie Wiley – Et on termine en douceur par la version originale du premier morceau.

 

 

 

Le Goulag Du Bonheur

Dessinateur, rappeur et DJ, Late a l’idée en 2001 (alors qu’il sèche les cours de la section bédé de St Luc) de réunir ses activités dans un monoctif pensé comme un « Laboratoire multidisciplinaire ».
Ainsi naît Le Goulag, au départ comme un groupe de rap qui deviendra un blog réunissant les travaux de son créateur. On y trouve quelques pages de bédés (rarement plus de quelques planches) et surtout de l’illustration ( affiches, flyers ou pochettes de disques). Late dit préférer travailler sur ces types de formats plutôt que de s’atteler à l’écriture d’une histoire longue.
« La bédé me semble un boulot trop solitaire, j’aime le changement…  »

Mickey is pissed off
Le Goulag regroupe des œuvres courtes, réalisées rapidement . Confessant être un « piètre scénariste », ses bédés sont généralement des autofictions, teintées d’humour noir et d’un surréalisme cruel. Ainsi, Il y dévore pour la St Valentin, une jeune fille qui lui a préparé un repas sans viande. Descendant dans le sud pour un nouveau travail, il se le voit refuser par un patron qui lui préfère la jeune femme nue en train de lui administrer une fellation.
Voilà l’univers de Late où le travail autobiographique de Crumb ou Larcenet côtoie les histoires macabres de Charles Burns et l’absurdité outrancière des vieux Fluide Glacial.

Il ne me reste qu’ à vous en indiquer les divers portes d’entrée.

Le Goulag Du Bonheur

http://legoulagdubonheur.com/

Ses mixs avec Kwistax

https://soundcloud.com/plusjamaisca

la suite de ses aventures musicales sur l’excellent label Welsh Records

http://www.welshrecordz.com/

Bonnes vacances au Goulag
Youkaïdi

(Merci à Late d’avoir bien voulu répondre à nos questions)

 

 

Les perles de l’huitre

Salut à tous!

Je suis Samxao beatmaker et MC depuis 8 ans, ainsi que grand amateur de musiques étranges. Les gens de ce site ont eu la bonté de me laisser diffuser mes playlist dans cette antre du bon goût et de la culture. Je vous en propose donc une première et je préfère prévenir la cohérence ça m’ennuie donc y a de tout et surtout pas mal de n’importe quoi. Je vous embrasse tendrement et vous souhaite une bonne écoute.

 

Les Perles De L’Huitre 2 by Pierre Samxao on Mixcloud

 

01- Grady – Woman got my devil : ce morceau est issu du premier album de ce groupe texan de Cowboy Metal, signé par Jello Biafra sur l’excellent label Alternative Tentacles.

02- Pere Ubu – Road to Utah : Groupe né avec le mouvement punk à Cleveland, Pere Ubu a créé depuis son premier album en 1976 un univers à part, évoluant au fil de sorties soutenues. Ils reviennent en septembre avec l’album Carnival of souls dont est extrait ce morceau.

03-Schlasss-La cheyenne : le groupe originaire de St Etienne livre ici un bon exemple de son rap ultra-violent et cru, servi par la voix enfantine de Charly Dirty Duran. Messieurs, écoutez les paroles avec attention.
(Issu du EP Tapin Ovlov)

04 -Jonwayne – No : Signé chez Stones Throw, collaborateur régulier de Jeremiah Jae et Homeboy Sandman et auteur d’un premier album de qualité, Jonwayne se porte bien. Il inaugure ici sa nouvelle idée, un morceau tous les lundis jusqu’à ce qu’il en ait marre, en posant son flow MF Doomien sur une prod de J Dilla.

05 – Lou Christie – Trapeze : Chanteur reconnu pour ses techniques vocales, Lou Christie livre en 1965 ce morceau sympathique sur son album « Lightnin’ Strikes »

06 – Red Simpson – The Flying saucer man and the truck driver : Chanteur de Country né dans les années 30, Red Simpson aborde ici un de ses thèmes favoris : la vie des routiers dans cette chanson de 1979.

07- Vermin Poets – Like poets often do : Peintre, musicien et auteur, Billy Childish forme en 2007 les Vermin Poets pour sortir l’excellent album Poets of egland dont est issue ce morceau punk énergique.

08 – Orphée Double H – Jour de pluie : Un agréable moment de rap paisible, issu des ruelles valentinoises et du très recommandable EP H au carré produit par MC Smok

09 – Slapp Happy – Casablanca moon : groupe germano-anglais, Slapp happy sort en 1974 ce titre issu de l’album éponyme, représentatif de leur musique riches d’influences diverses.

10 – Stig of the Dump – I Never : Extrait du EP Homeless Microphonist, un superbe démonstration de rap anglais par l’un de ses meilleurs représentants (deux fois champion du end of the weak).

11 – Judy Roberts Band – Watercolors : Escapade Brésilienne avec le groupe de Judy Roberts aux faux airs de Return To Forever. Extrait de l’album « The Judy Roberts Band ».

12 – Hell Maf et Sizemen – Aime Encore : Sur une prod soulful du très bon Sizemen, Hell Maf se livre avec simplicité sur son amour de la musique. Extrait du EP « Hell Maf Vs Sizemen ».

13- Jman – Wet Fish : Autre perle de rap anglais, Jman livre ici un des meilleurs morceaux de son album Auranography, partagé entre Boom Bap obscur et sonorités Drum and bass .

14 – Edric Connor – Animal concert in a cemetery : Morceau de calypso macabre par le chanteur Edric Connor (1913- 1968)

15 – Zoogz Rift – Lazy Susan : Musicien et catcheur, souvent comparé à Zappa. On retrouve chez Rift des similitudes avec l’illustre moustachu, notamment l’humour qui transpire de sa musique. Mais sa musique se différencie par un côté plus sauvage, marqué par le punk contemporain de ses premiers disques.
Ce morceau est extrait de l’album « Idiots on the miniature golf course »

16 – Pere Ubu – Irene : On termine avec un titre plus calme de Pere Ubu (également extrait de l’album à venir) qui permet de profiter de la voix unique de David Thomas.

 

 

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