La Taupe excavatrice 2 : changement de terrier

Dernière nouvelle du front :

Vincent Bolloré veut supprimer les Guignols de l’info parce que se moquer des gens c’est pas très gentil et des fois ça fait mal.

Léa Seydoux, dont le CV se résume à son acte de naissance et à une poignée de films dont je dirais bien du mal si j’avais eu le courage de les voir, va être la prochaine James Bond Girl.

Du coup j’ai comme une poussée de sympathie pour la petite Louane à qui je souhaite une belle carrière et de continuer à filer des boutons aux Inrockuptibles pendant longtemps

Sinon il s’est passé plein de trucs dans Games of Thrones mais j’ai pas regardé.

Enfin ce qui nous intéresse : nos amis rappeurs d’outre-manche ont été particulièrement actifs ces derniers mois, à commencer par le très bon label High Focus avec deux sorties Solides : le nouvel effort d’Edward Scissortongue et Lamplighter et le premier album de Mr Key et Greenwood Sharps. Edward et Lamplighter avaient déjà sorti deux opus ensembles et ce Chavassian Striking Distance est dans la droite lignée de leur travail. Un Boom-bap futuriste et hypnotique où se balade le flow du MC. Le flow d’ailleurs parlons-en : ce que j’adore chez les rappeur d’High Focus c’est cet accent à couper au couteau et cet espèce de groove moitié sale gosse moitié posé. Il y a un vraiment un style qui colle à ce label, depuis la musique jusqu’aux vidéos et qui apportent un peu d’air loin de ce « rap game » qui fascine tellement la presse branchouille (le hipster n’étant qu’à un plug dans l’oreille de notre beauf-ricard immortalisé par Cabu) et où règnent les odeurs de transpiration d’une bande d’obèses cocaïnés et les flatulences des grenouilles de chez nous, pétant à qui mieux mieux en voulant se faire aussi grosse que les bœufs de là-bas.

Mr Key et Greenwood Sharps naviguent dans des eaux pas très éloignées. On retrouve les ambiances sombres mais néanmoins paisibles avec juste ce qu’il faut de sonorités planantes pour ne pas être toutes molles. Même sur une instru privée de beats, Mr Key nous embarque avec sn flow magnétique.

Plutôt qu’un étalage de capacités souvent peu impressionnantes, High Focus privilégie des sorties à l’univers fort et affirmé bien que parfois difficile d’accès à la première écoute et on ne peut que s’en réjouir.

Autre MC originaire du pays de Tom Sharpe, Oracy place un pied dans la porte avec son premier album jsutement nommé Foot In The Door . La formule n’est pas révolutionnaire : un boom-bap jazzy efficace, des ambiances accordées à la saison estivale et un flow rebondissant. Une quarantaine de minutes agréables à l’oreille que je vous coneille de prolonger avec le premier EP de ma compatriote Chilla qui n’aurait pas pu choisir un meilleur pseudonyme. Alors on aurait pu craindre le pire avec un pseudo pareil : plonger dans les abysses lyricales de Set et Match ou dans le groove jazzy anémique/ balai dans le fondement façon Pumpkin. Et bien il n’en est rien. Chilla mèle rap et chant avec une aisance qui force le respect. La voix est agréable et dispensée d’effets studios trop lourds, les instrus balancent solidement avec un côté old school agréable et surtout, surtout Chilla se lâche au micro. Pas de flow trop linéaire et coincé, ça groove pour de bon , ça bouillone et ça déborde de partout et ça met la pêche. Enfin ça fait du bien par ou ça passe en ces temps de sinistrose et dans ce rap français aussi libéré que les cortèges de la manif pour tous. Bref Chilla si vous me lisez c’est très bien mon petit, encouragements pour le prochain trimestre.

J’aimerais maintenant vous parler de J.Marinelli, one man band originaire du Kentucky et créateur prolifique. Son dernier album, Stop Payin Attention, sorti sur Twin Cousin Records constitue une bonne porte d’entrée dans son univers. Sorte de croisement musical entre Hasil Adkins, les Ramones, Captain Beefheart et le meilleur du college rock , J.Marinelli rend hommage à ses influences dans une série d’albums de reprises très recommandables.

Hasil Adkins justement. Un des outsiders les plus célèbres, dont le rockabilly déglingué traumatisa jusqu’aux Cramps, fait l’objet d’un webcomics : « Hassle : the rural and unusual tales of Hasil Adkins » par le dessinateur américain J.T Dockery qui l’a côtoyé. Une série de tranches de vie et d’anecdotes, à lire accompagné par les œuvres complètes du maitre.

Enfin je voudrais saluer le travail de monsieur Pol Dodu et de son blog Vivonzeureux, sorte de journal de ses fouilles et de ses trouvailles très agréable à lire et source de belles decouvertes. Bref Pol Dodu si vous me lisez c’est très bien mon petit, encouragements pour le prochain trimestre.

Je vous embrasse tous, il n y aura pas de pause estivale ni pour Les Perles ni pour La Taupe (dont la publication reste aléatoire) parce que sinon je sais que vous passerez un été de merde. Bisous.